Sous les drapeaux rouge et vert du Pastef, une marée humaine a envahi le parking du stade Léopold-Sédar-Senghor. Venus parfois de très loin, les militants ont répondu à l’appel du Premier ministre pour un rassemblement qualifié de démonstration de force.
« Beaucoup disent que la jeunesse a tourné le dos au parti. Ce meeting prouve le contraire », se réjouit Cheikh Diop, un partisan enthousiaste.
Un appel à la rigueur économique et à la responsabilité
Dans un discours offensif, Ousmane Sonko a mis en garde ses partisans contre les difficultés économiques à venir, évoquant la dette cachée découverte l’an dernier, qui a mis à nu la fragilité des finances publiques. « Tous les Sénégalais devront faire des efforts », a-t-il prévenu, promettant transparence et austérité.
Le chef du gouvernement a par ailleurs réitéré sa volonté de poursuivre l’ancien président Macky Sall pour haute trahison, l’accusant, ainsi que son parti l’Alliance pour la République (APR), d’être à l’origine de cette crise. « Tous nos maux viennent de ce régime passé. L’APR doit être dissoute : c’est un parti criminel », a-t-il lancé sous les applaudissements.
Unité réaffirmée face aux rumeurs de divisions
Ce rassemblement intervient alors que des rumeurs persistantes évoquent des tensions entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. Le Premier ministre a balayé ces spéculations, affirmant que « les oiseaux de mauvais augure » cherchaient à semer la discorde.
Ses partisans abondent : « Il n’y a aucun problème entre eux. Ils sont unis et amis », assure Amaya Ndour, militante du Pastef.
Sonko a néanmoins profité de l’occasion pour annoncer, sans le nommer, le limogeage du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abdourahmane Diouf, qu’il accuse d’alimenter ces rumeurs internes.
Malgré les vents contraires, le Pastef entend ainsi montrer que sa popularité demeure intacte et que la jeunesse sénégalaise continue d’adhérer à son projet de rupture et de souveraineté nationale.
Mangor Diouf



